Originaire de Caluire et Cuire, élève des Beaux-Arts de Lyon, Charles Sénard, après un tour de France au cours duquel il achève sa formation au contact d'autres peintres, a été un peintre reconnu localement dès 1905, devenant même le peintre à la mode dans les années 1910. Il expose régulièrement dans les salons lyonnais. La critique est élogieuse :
« Le mensonge, l'iniquité, la luxure, l'argent, seules idoles inébranlées parmi la ruine de croyances, fournissent tous les mythes nécessaires à l'expression de sa pensée » souligne, en 1912, l'écrivain et journaliste Henry Béraud.
D'inspiration symboliste, son oeuvre laisse place au moment de la Grande Guerre à une inspiration dramatique et pessimiste. Après la guerre, ayant renoncé, malgré les pressions de ses amis, à quitter Lyon pour Paris, il se livre surtout à la nature morte.
En 1925, Sénard est nommé président du salon du Sud-Est, fondé la même année par les peintres Ziniars, dissidents du Salon d'automne. Il en vient à exposer à Paris, sous l'impulsion de George Besson et Léon Werth.
En 1930, il devient membre de la commission consultative du musée des Beaux-Arts, puis conservateur en 1933, seize mois avant sa mort.
Son oeuvre gravé est resté confidentiel, et tiré à peu d'exemplaires. Il commence par des fantaisies orientalistes, avant de se tourner vers des représentations sociales et symbolistes, douloureuses, cruelles ou parfois morbides. Il est passé de l'eau-forte à la gravure sur bois.
Les Images pour le Bateau ivre sont datées de 1922 et tirées à 68 exemplaires.
Bibliog. : Exposition L'oeuvre noir, MBA, juin 2010.